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Main droite de THEODORE GERICAULT

VENDU
Le dernier message (Main droite de Théodore Géricault, moulée sur nature)
Inscrit par Géricault ‘À tous ceux que j’aime, adieu’ et avec l’inscription du fondeur ‘Quesnel fondeur’ (sur la terrasse)
Bronze à patine brune
Hauteur : 8.7 cm. / Largeur : 13.5 cm. / Longueur : 22.2 cm. Conçu en 1824, cette épreuve fondue avant 1847 à deux exemplaires connus à ce jour. Cette Œuvre sera reproduite et commentée dans le futur Catalogue raisonné des peintures de Théodore Géricault, en préparation par Bruno Chenique.

Bibliographie : - Géricault, sous la direction d’Édouard, duc de Trévise, Jean Guiffrey et Pierre Dubaut, Paris, Hôtel Charpentier, 24 avril - 16 mai 1924, p. 90, no. 307. - Georges Dubosc, ‘L’Exposition Géricault’, Journal de Rouen, n° 118, dimanche 27 avril 1924, p. 3. - Philippe Grunchec, Tout l’œuvre peint de Géricault, introduction de Jacques Thuillier, Paris, 1978, p. 84, repr (version en plâtre).
- Germain Bazin, Théodore Géricault. Étude critique, documents et catalogue raisonné, t. I, L’homme : biographie, témoignages et documents, Paris, Bibliothèque des arts, 1987, p. 204, fig. 143 (version en plâtre). - Lorenz Eitner, Géricault, sa vie, son œuvre, 1983, traduit de l’anglais par Jeanne Bouniort, Paris, Gallimard, 1991, pp. 388, 439, note 172 (version en plâtre). - Bruno Chenique, ‘Géricault posthume’, actes du colloque sous la direction de Régis Michel, t. II, Paris, 1996, pp.946, 990, fig. 401 (version en plâtre). - Bruno Chenique, ‘Le masque de Géricault ou la folle mémoire d’un culte sentimental et nauséabond’, catalogue de l’exposition Le Dernier Portrait, sous la direction d’Emmanuelle Héran, Paris, musée d’Orsay, 5 mars - 26 mai 2002, pp. 161-163, fig. 2 (version en plâtre). - Wolfram Pichler et Ralph Ubl, ‘Vor dem ersten Strich. Dispositive der Zeichnung in der modernen und vomodernen Kunst’, Randgänge der Zeichnung, sous la direction de Werner Busch, Oliver Jehle et Carolin Meister, Munich, Wilhelm Fink Verlag, 2007, p. 232. - Nina Athanassoglou-Kallmyer, Théodore Géricault, traduit de l’anglais par Hélène Ladjadj et Catherine Makarius, Paris, 2010, p. 213, fig. 190, (version en plâtre, illustrée en couleurs). - Bruno Chenique, Géricault. Au cœur de la création romantique. Études pour le Radeau de la Méduse, cat. exp., sous la direction de Bruno Chenique et d’Anne-Charlotte Cathelineau, Clermont-Ferrand, musée d’art Roger Quillot, 2 juin – 2 septembre 2012, pp. 245, 257, n° 46, (version en plâtre, illustrée en couleurs).

Œuvres en rapport : - Paris, Géricault, sous la direction de Régis Michel et Sylvain Laveissière, Galeries nationales du Grand Palais, octobre 1991 - janvier 1992, pp. 254- 368, fig. 390, n° 147, notice par Bruno Chenique (version en plâtre, illustrée en couleurs). - Épreuve similaire citée dans La Gazette Drouot, n° 7, 15 février 2002. Vente, Pescheteau-Badin, Paris, Drouot, 6-7 février 2002 (version en bronze, adjugée 40. 000 € marteau).

Incarnation de l’artiste romantique et précurseur du mythe de l’artiste maudit, la vie courte et tourmentée Théodore Géricault, mort à 32 ans en 1824, fut imprégnée du génie de l’innovation artistique, et donna lieu a une célébration posthume proche du culte. Contemporain de l’ascension et du déclin de Napoléon et Louis XVIII, dont Géricault suivit les gloires et défaites à travers ses études de cavaliers à cheval et de scènes militaires, la renommée du jeune artiste débuta grâce à sa présentation au Salon de 1812 du portrait d’Alexandre Dieudonné (1778-1812), lieutenant des Chasseurs à cheval de la garde Impériale, dont la sensation critique fit dire au peintre David : « D’où cela sort-il ? Je ne reconnais pas cette touche ! ». L’artiste, consacré médaille d’or du Salon, confirma, à 21 ans, le caractère avant-coureur de son art. Après deux séjours distincts en Angleterre en 1820 et 1821, suite au succès et scandale du Radeau de La Méduse (Salon de 1819), Géricault retourna en France affaibli, présentant les premiers signes d’une tuberculose osseuse. S’en suivirent plusieurs graves chutes à cheval, conséquences du caractère indomptable et impulsif de l’artiste, pourtant excellent cavalier. Puis vint l’épisode dramatique de la chute de la rue des Martyrs à Paris en août 1823, qui paralysa l’artiste, et le contraignit à rester alité jusqu’à sa mort, le 26 janvier 1824. Géricault continua de peindre jusqu’à quelques semaines avant sa mort, et fit au moins trois aquarelles et une peinture de sa main gauche, son seul sujet restant. Un témoignage anonyme posthume rapporta : « Il souffrait horriblement, ce qui ne l’empêchait pas de travailler. Il suppliait ses amis de le soulever sur son oreiller pour qu’il lui fût possible de peindre encore, et lorsque toute force lui fut ravie, ses yeux étudiant sur lui-même. Il montra à ses amis sa main mourante en leur disant : « Voyez donc ! Quel peintre, quel sculpteur a jamais rendu une main aussi souple que celle-là ! ». La vieille de sa mort, il prononça ces paroles déchirantes : N’est-il pas triste de mourir à trente-trois ans avec le regret de n’avoir encore rien fait de ce que l’on a senti ! » Entouré d’une aura de martyr romantique, et déjà adulé par ses camarades Dedreux-Dorcy, Vernet, Delaroche, Scheffer et Delacroix, Géricault fit faire - à sa demande ou celle de ses amis - un moulage en plâtre de sa main droite, sa main créatrice, deux heures avant sa mort. La version en plâtre par un certain Bouché, connue à un exemplaire, fut par la suite tirée en bronze par le fondeur Eugène Quesnel à au moins deux épreuves, incluant la présente version, inédite et inconnue jusqu’à ce jour. La sculpture naturaliste, reprend sur la terrasse les derniers mots écrits par l’artiste : « A tous ceux que j’aime, adieu ». Ce dernier message, à mi-chemin entre autoportrait, allégorie de la création, de la mort, et relique sentimentale de dévotion, peut être considérée comme l’œuvre ultime et le testament de Théodore Géricault, à quelques heures de sa fin.

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